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Une escapade culturelle…

Culture

19.03.2010

par Ioana Stancescu

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Affiche du film Rebecca d'Alfred Hitchcock

Le week-end approche et une petite escapade culturelle pourrait être le meilleur antidote contre le stress accumulé tout au long de la semaine. Pourtant, sans être ironique ni sadique, j’ai trouvé deux événements pas comme les autres. Pour y participer, il faudrait faire confiance aux journalistes de RRI et de RFI qui ont réalisé pour vous l’actuelle édition de nos Séquences européennes. Nous irons d’abord à Paris, pour une exposition surprenante qui débute lundi au Musée d’Orsay. Le jeune public est prié de rester à la maison, car l’exposition porte sur le crime et le châtiment. Et puisque nous parlions de choses qui donnent froid dans le dos, en voici une autre : vous souvenez-vous du célèbre roman Rebecca dont la gloire se rattache plutôt au nom de Hitchcock qu’à celui de son auteur ? Eh bien, cette histoire terrifiante, débordant de suspense, se trouve depuis jeudi à l’affiche du Théâtre d’Opérette de la capitale hongroise, grâce à un metteur en scène d’origine roumaine.

Plus que les crimes et les tortures, ce sont les réalités contemporaines qui s’avèrent parfois encore plus terrifiantes. La preuve ? Un petit coup d’œil jeté dans la presse du jour. Alexandra Pop a eu le courage de le faire et voici ce qu’elle y a trouvé :

Exposition de dinosaures robotisés à Bucarest

Et pour continuer la liste des choses qui nous donnent froid dans le dos, franchissons le seuil d’une exposition itinérante pas comme les autres. C’est le quotidien România liberă qui nous propose une incursion dans le passé très lointain, voire au temps des dinosaures. «Dino, l’exposition aux géants robotisés» est aussi arrivée au Centre d’expositions Romexpo de la capitale roumaine, selon România liberă. Décidément, il vaut mieux voir un dinosaure branché à l’électricité qu’un vrai. Malgré le prix un peu salé des billets d’entrée, les petits gosses ne devraient pas rater l’expérience de leur vie: ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir 30 dinosaures «hi-tech» de 7 mètres bouger et émettre des sons effrayants. L’occasion aussi d’apprendre davantage sur l’histoire de l’Univers et sur la vie sur Terre, grâce à un film 3D que les visiteurs peuvent visionner dans une pièce spécialement aménagée.

N’empêche. La Roumanie prouve une fois de plus que toute recette à succès n’est pas infaillible. En effet, les Roumains ne s’emballent pas trop pour ces «terribles lézards». A en croire le reporter du quotidien, à Bucarest, l’exposition n’a pas eu l’effet escompté, les visiteurs étant plutôt rares. Bien que lancé début février, cet événement hors pair est passé plutôt inaperçu. D’où cette question de România liberă: «est – ce que c’est la pub qui n’a pas fait son devoir ou bien après tant d’années d’éducation religieuse, les Roumains ont-ils perdu le goût pour la science et l’évolutionnisme ?» Toutefois, ajoute le quotidien, le succès en Roumanie des chaînes de télévision consacrées à la science vient infirmer cette hypothèse.
http://www.romanialibera.ro/fapt-divers/a180455-gradina-zoologica-cu-dinozauri-bagati-in-priza.html

Les moustiques de luxe de Bucarest

Bien qu’ils ne soient pas des dinosaures, les moustiques autochtones coûtent aux Bucarestois les yeux de la tête. «Les moustiques de luxe de la capitale» titre en une România liberă. Chaque année, la municipalité de Bucarest dépense 28 fois plus que l’administration locale de Budapest pour l’extermination de ces insectes agaçants. Il en va de même pour les rongeurs qui trouent les poches des responsables locaux, la dératisation s’avérant trois fois plus chère que chez nos voisins hongrois. Et ce dans les conditions où la capitale hongroise est deux fois plus grande que Bucarest. L’article bien documenté de România liberă s’attarde longuement sur les dessous des contrats passés entre les sociétés spécialisées et la municipalité de la capitale. Les reporters du quotidien ont même passé la frontière en Hongrie histoire d’apprendre combien paient nos voisins pour des services similaires. Et les chiffres sont nettement en faveur des habitants de la Perle du Danube, soit Budapest. Entre temps, le maire de Bucarest, Sorin Oprescu, a démarré une enquête à l’intérieur de la municipalité et s’abstient pour l’instant de tout commentaire, a fait savoir le Bureau de presse de l’Hôtel de ville de Bucarest, cité par România liberă.
http://www.romanialibera.ro/dezvaluiri/a180492-tintarii-de-lux-ai-capitalei-de-28-de-ori-mai-scumpi-decit-cei-din-budapesta.html

La pub rend bête

Si les responsables locaux ont leur cœur sur la main, Monsieur tout le monde guette les bonnes affaires et les promotions. Une tendance fortement exploitée par les publicitaires roumains. «La pub rend bête», écrit en une le journal Adevărul. Pour faire passer le berlingot des promotions irrésistibles, la pause pub a laissé de côté sa fonction de divertissement. Les spots pub diffusés sur les chaînes de télévision de chez nous et dont le message est plus que simpliste, s’adressent à un public formé d’idiots, s’insurge l’auteur de l’article. Et il donne la parole à Serban Alexandrescu, responsable de la stratégie dans une agence de publicité qui s’est servi de «quelques nains de jardin qui parlent» pour vendre des crédits «pour quoi que ce soit» d’une banque autochtone. «Le consommateur roumain est facile à duper. A quoi bon donc de créer des pubs compliquées, quand il se réjouit de n’importe quel grelot l’on fait agiter devant lui ?» se demande Serban Alexandrescu : «Ma vie professionnelle serait infiniment plus belle si vous, consommateurs étiez plus intelligents» ! s’exclame le publicitaire, selon lequel ce sont les compagnies qui se font de la pub qui ont toujours le dernier mot quand il s’agit de la conception, et qui sont les responsables directs de l’image puérile des publicités roumaines. Autrement dit, on a ce qu’on mérite.
http://www.adevarul.ro/societate/viata/Reclame_la_mintea_copiilor_0_227377754.html

Crime et châtiment au Musée d’Orsay

Crime et châtiment, ce titre emprunté à Dostoïevski est celui de la nouvelle exposition spectaculaire du musée d’Orsay à Paris qui s’ouvre ce lundi au public. Elle réunit des œuvres et objets symboliques autour du crime et de la peine de mort. Muriel Maalouf de RFI vous servira de guide.

Rebecca – au théâtre d’opérette de Budapest

Un mouchoir brodé d’un monogramme R majuscule, consumé par les flammes. C’est là un des cadres les plus connus de l’histoire du cinéma, la fin de «Rebecca», Oscar du meilleur film en 1940. Sur le générique, le nom du pas moins célèbre réalisateur britannique Alfred Hitchcock, celui qui rendit cette fiction de l’âge d’or hollywoodien encore plus célèbre que sa source d’inspiration. Effectivement, l’image a pris le dessus sur le mot, en l’occurrence sur le roman «Rebecca» créé par une compatriote d’Hitchcock, Daphné du Maurier. Unanimement considérée par la critique comme l’œuvre maîtresse de cette écrivaine, «Rebecca» a fasciné non seulement les artistes – durant la seconde guerre mondiale, le texte a failli être transformé en code secret par les nazis.

C’est vrai que ces écrits répondent aux goûts les plus divers, des plus romantiques aux passionnés d’action et de froid dans le dos. Une jeune femme – dont le nom n’est jamais cité tout au long du roman – se marie avec Max, un aristocrate, et s’installe avec lui sur la belle propriété de Manderley. Mais sa vie tourne au cauchemar – Ms. Danvers la gouvernante ne ménage aucun effort pour faire comprendre à la nouvelle maîtresse des lieux qu’elle ne pourra jamais être à la hauteur de la première épouse de Max, Rebecca, décédée depuis peu. Les choses se compliquent encore davantage lorsque le corps inanimé de celle-ci apparaît sur la plage, alors que notre aristocrate reconnaît l’avoir tuée.

Une telle histoire ne pouvait pas échapper non plus aux créateurs de comédies musicales. Michael Kunze et Sylvester Levay l’ont effectivement mis sur les portées, mais malgré le succès remporté lors de la première absolue à Vienne, en 2006, la pièce n’a plus été représentée depuis qu’au Japon et en Finlande. En cause – les coûts faramineux d’une telle production, exigeant une technique de scène très compliquée. Une adaptation sur Broadway est préparée pour 2011, mais entre temps «Rebecca» débarque le 18 mars à Budapest. Plus précisément au Théâtre d’Opérette de la capitale hongroise, grâce à un metteur en scène d’origine roumaine, Attila Béres. L’événement théâtral est notable, mais Andrei Popov de RRI a voulu apprendre d’Attila Béres quel intérêt peut encore trouver le public de nos jours dans cette histoire gothique… La comédie musicale Rebecca est à voir au Théâtre d’Opérette de Budapest à compter du 18 mars.

Sur ce prennent fin nos Séquences Européennes, un programme réalisé par RRI et RFI dans le cadre du réseau Euranet. A bientôt !

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Les Séquences européennes 19/03/2010
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