Austérité, licenciements, taxes et impôts: l'Europe morose...
Austérité, licenciements, taxes et impôts, ce sont les mots que l’on entend depuis plusieurs semaines en Roumanie et partout en Europe. Les mesures d’austérité proposées par le cabinet de Bucarest et présentées par le président Traian Basescu sont censées empêcher, selon les autorités, une crise grecque en Roumanie. De Bucarest nous irons à Athènes, où le plan d’austérité demande des sacrifices provoquant aussi de la morosité. Et pour finir, Séquences européennes se rendent à Prague, où les Tchèques se félicitent des décisions prises par le gouverneur de leur banque nationale, Zdeniek Tuma, qui a toujours refusé que son pays adopte rapidement l’euro.
Comme attendu, les quotidiens roumains ne cessent de décortiquer la situation de l’économie roumaine ainsi que les mesures d’austérité promues par les autorités. Davantage de détails dans la revue de presse d’Alexandra Pop.
Des mineurs à Bucarest ?
En Roumanie, la grogne ne cesse de monter, et les quotidiens parus ce mardi à Bucarest s’en font l’écho. «Qui veut que les mineurs descendent une fois de plus sur Bucarest ?», titre Romania Libera, à la Une duquel trône la photo d’un mineur, l’air plutôt furieux, et le visage barbouillé. 300 c’est le chiffre officiel des gueules noires, membres des syndicats des Vallées du Jiu et de Gorj ayant annoncé leur intention de participer aux marches prévues mercredi dans la capitale. C’est du moins ce qu’a fait savoir le leader de la confédération Meridian, Ion Popescu, selon lequel un millier de mineurs pourraient se rendre à Bucarest pour dénoncer les mesures d’austérité annoncées par l’exécutif roumain. Les propos de Popescu sont toutefois contredits par ceux d’un autre leader syndical, qui a annoncé que des protestations auraient lieu seulement au niveau local.
En effet, les syndicats, les patronats et le gouvernement se sont rencontrés uniquement pour se disputer, explique Gândul.
România Libera entre dans les coulisses de l’échec du Conseil économique et social, regroupant des représentants du gouvernement, du patronat et des syndicats et convoqué pour donner son avis sur l’accord avec le FMI. Comme attendu, l’avis favorable n’est venu que de la part des membres du gouvernement; les patronats, eux, se sont dits d’accord à condition que plusieurs modifications, dont certaines visant une relance économique, soient opérées au préalable. Enfin, les syndicats ont continué de défendre leur position et d’exiger que la lettre soit rédigée encore une fois.
«Le gouvernement sur le point de renégocier avec le FMI», titre Adevarul qui donne la parole au représentant de la Roumanie auprès du FMI, Mihai Tanasescu. Celui-ci n’exclut pas la possibilité d’un nouveau round de négociations entre le cabinet et les créanciers étrangers. «On attend la décision finale du gouvernement et puis on passera à l’action» précisait Mihai Tanasescu dans une interview à Adevarul.
Par conséquent, poursuit Romania libera, les réductions de 25% des salaires dans la fonction publique et de 15% des retraites seront reportées pour au moins une semaine.
Marche d’ampleur – à Bucarest
Entretemps, 60 000 Roumains, salariés de la fonction publique et retraités, protesteront mercredi devant le siège du gouvernement contre les mesures d’austérité prévues par le cabinet en place. Un chiffre sans précédent, précise Evenimentul Zilei, les marches organisées ces dernières années dans la capitale roumaine ayant rassemblé à peine 10 000 personnes.
«Une maman ne fait pas la révolution», s’écrie pour sa part, Adevarul d’après lequel une centaine de jeunes parents accompagnés de leurs bébés ont manifesté hier à Bucarest contre une baisse prévue des allocations de maternité. Le journal publie aussi une étude sur l’évolution du taux de natalité en Roumanie, compte tenu des allocations de maternité. Sa conclusion : les seules les majorations d’allocations ne suffisent pas pour faire monter la natalité ; le relèvement du niveau de vie y est pour beaucoup quand il s’agit du baby-boom.
Le prix des carburants pourrait s’envoler
Enfin, la guerre euro-dollar fait sa première victime en Roumanie, c’est l’information de Gândul qui explique: l’appréciation fulminante du billet vert se traduira d’ici peu par une hausse du prix des carburants et des gaz naturels. La dépréciation de la monnaie européenne face au dollar sera fortement ressentie en Roumanie aussi; le fait que le taux de change soit protégé par la Banque Centrale et que les crédits en dollars soient peux nombreux n’ont aucune chance d’empêcher de décoller le prix des carburants. Dans ces conditions, deux questions surgissent d’emblée.
Pourquoi rester en Roumanie ? Pourquoi quitter la Roumanie ?
C’est ce que se demandent les journalistes de Jurnalul National qui invitent les lecteurs à s’associer à leurs démarche. Et dans ce numéro c’est aux rédacteurs de tenter une réponse à la question pourquoi ? Par plaisir…
http://miscareaderezistenta.jurnalul.ro/stire-jurnalul/ne-am-nascut-in-locul-potrivit-de-ce-ati-ramane-in-romania-de-ce-ati-pleca-543832.html
Sacrifices par temps de crise en Roumanie et en Grèce
Qui suivra après la Grèce, c’est la question qui se posait en cette première partie de l’année 2010. De l’avis de certains analystes économiques, c’était l’Irlande, d’autres évoquaient le Portugal, l’Espagne, ou encore l’Italie. Et pourtant, selon les autorités de Bucarest, c’est la Roumanie qui se dirige vers une situation similaire et des mesures draconiennes s’imposent. Réduction de 25% des salaires et licenciements dans le secteur public, diminution de 15% des pensions de retraite, baisse de l’aide au chômage et des indemnités sociales, dont l’allocation de congé parental. C’est en bref le plan d’actions du cabinet de Bucarest qui vise à réduire les dépenses publiques afin de mieux gérer le déficit budgétaire. Il s’agit de l’une des conditions que le FMI a posées aux autorités de Bucarest avant le versement d’une 5e tranche du crédit extérieur contracté par la Roumanie il y un an. Comme il était attendu, ces mesures ont suscité le mécontentement des Roumains ; après quelques protestations des retraités et des mères, un meeting géant est prévu pour demain devant le siège du gouvernement. Ses organisateurs, soit les 5 grandes confédérations syndicales promettent de faire sortir au centre ville environ 60 mille personnes. Crise économique, austérité, protestations amples et grèves généralisées, le scénario grec semble se répéter aussi en Roumanie. Et pourtant, de l’avis de spécialistes, tels Mihai Tanasescu, le représentant de Bucarest auprès du FMI, les économies des deux pays n’ont pas beaucoup de choses en commun. Le déficit budgétaire de la Grèce s’élève à 13% du PIB, tandis que la Roumanie aura, elle, un déficit de près de 6%. Sa dette publique se situe à environ 25% du PIB, tandis que celle de la Grèce dépasse les 115 – 120% du PIB. Fort présentes en Roumanie, les banques grecques ont même réussi à consolider leurs capitaux, souligne Mihai Tănăsescu, le représentant de la Roumanie auprès du FMI. Bref… on ne peut pas comparer les économies des deux pays ; ni en termes de dettes, ni de rentrées.
Direction maintenant la Grèce où la morosité est palpable partout, après le plan d’austérité imposé par le gouvernement. Un plan qui exige à la population des sacrifices importants. Reportage à Athènes par Heike Schmidt de RFI.
République Tchèque : passage à l’euro repoussé
Quelques jours après l’annonce des mesures d’austérité du cabinet de Bucarest, la Commission Européenne a présenté son Rapport 2010 sur l’état de la convergence. Pour ce qui est de la Roumanie, les conclusions sont plutôt pessimistes : instabilité des prix et du taux de change, mais aussi incompatibilités législatives, bref, notre pays n’accomplit aucun critère d’adhésion à la zone euro. Officiellement, la date butoir pour l’adoption de la monnaie unique était 2015, selon les autorités de Bucarest.
En République Tchèque, le passage à l’euro a été repoussé par Zdaniek Tuma, gouverneur, pendant 10 ans, de la Banque Centrale tchèque. Il a contribué à assainir le paysage bancaire tchèque miné par la corruption et fait le choix d’une couronne forte. Dans le contexte de l’actuelle crise, ses compatriotes donnent raison à ce responsable qui vient de quitter ses fonctions. Plus de détails avec Christine Dupré de RFI (cliquez sur le lien audio pour en savoir plus).






