Mineurs clandestins en Europe
En Belgique, on les appelle les MENA, les mineurs étrangers non accompagnés. Ils ont généralement entre 15 et 18 ans. Ils viennent le plus souvent d’Afrique, d’Asie ou des pays de l’est. Ils ont tout quitté pour rejoindre l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure. Que fait l’Europe pour ces mineurs clandestins ?
L’arrivée de jeunes clandestins en Europe n’est pas un phénomène nouveau. Mais il semble prendre de l’ampleur. Il n’y a pas de statistiques précises du fait de l’absence d’un système d’enregistrement uniforme mais simple constatation: certains pays comme la France ou la Belgique ont par exemple dû ouvrir de nouveaux centres d’accueil.
L’Europe est un peu démunie face à ces nouvelles arrivées d’autant qu’il n’existe pas de cadre européen spécifique pour l’accueil de ces jeunes en exil.
Seule obligation pour les états membres : respecter la convention internationale des droits de l’enfant. Cette convention oblige notamment les états à scolariser les mineurs et à leur accorder des soins. Mais actuellement, les situations sont très différentes d’un pays à l’autre.
Comme en témoigne Peter Verhaeghe. Il est responsable du département Asile et Migration chez Caritas Europe : «Dans certains pays il y a par exemple le droit à l’enseignement, indépendamment de la situation légale de l’enfant. Dans d’autres pays ce n’est pas le cas. Je trouve que pour éviter des situations pareilles, il faudrait arriver à une politique générale dans l’Union européenne. Il faudrait même que ces jeunes soient accueillis pendant cette période parce que laisser des enfants dans la rue, ce n’est pas une solution.»
Les ONG réclament donc une harmonisation des procédures d’accueil et des critères clairs.
De son côté la Commission européenne se dit préoccuper par la situation. Et souhaite mettre en place toute une série de mesure. Le but est d’une part de mieux quantifier les arrivées de jeunes clandestins, prévenir la traite d’être humains et empêcher que ces jeunes ne soient victimes d’exploitation sexuelle.
Peter Verhaeghe : «Il y a cette législation européenne qui peut aider. Je crois qu’il faudrait aussi plus d’actions au niveau national pour mettre en œuvre la convention du droit des enfants. Je crois enfin qu’une coopération renforcée au niveau européen entre les pays serait le bienvenu.»
A noter que l’accueil des jeunes clandestins est une matière complexe. Au croisement du droit des étrangers, de la protection et de l’aide à la jeunesse, de l’aide sociale, l’Union européenne a du pain sur la planche. La Commission européenne devrait pour sa part faire ses propositions législatives en mars 2009.




