15 décembre: lignes de front, files d’attente…
L’approche de la fin du sommet de Copenhague, qui coïncide avec l’arrivée des leaders de la planète a causé une explosion des demandes d’accréditation. Si lundi, les choses étaient déjà terribles, ce mardi, elles sont encore pires…
Au cours de mes allées et venues j’ai souhaité rester en contact avec la couverture TV du sommet. Non seulement, je voulais être le mieux informé possible mais il me fallait aussi humer d’au plus près l’ambiance de Copenhague. Samedi, la ville ressemblait d’assez près à un champ de bataille, avec des milliers d’activistes marchant dans les rues, certains d’entre eux se frottant de près aux rangées impressionnantes de policiers mobilisés pour l’occasion.
Les échauffourées ont été rudes et la police a embarqué des dizaines de jeunes gens. Du coup, la «bataille du changement climatique» m’apparaissait bien âpre. Dimanche, heureusement, les choses se sont calmées… On a pu constater de ci de là encore quelques heurts, mais n’ayant pas l’ampleur de samedi.
Lundi, les files d’attente ont remplacé les lignes de front. L’équipe de l’ONU a été manifestement dépassée avec un nombre de demandes d’accréditation beaucoup plus importante que prévu. Sur une seule et énorme file, des milliers de délégués, de journalistes, de lobbyistes, attendent de longues heures dans un froid de canard avant de pouvoir décrocher le passe d’entrée au Bella Centre.
Comme «solution», les autorités onusiennes ont annulé plusieurs milliers d’accréditations qui avaient été pourtant notamment promises aux ONG… Mais ceci n’a pas résolu le problème. Mardi, la gigantesque file d’attente devant le Bella Centre était revenue, devenant toujours plus chaotique au fil des heures… Depuis la bouche de métro qui conduit au sommet, le rendez-vous de Copenhague ressemble bien à un fiasco. Mais ceci est sans doute dû à la perspective limitée que nous offrent depuis le début les organisateurs du sommet…
Finalement, après quatre longues heures d’attente devant le Bella center, nous sommes entrés. Et je pouvais penser que nous avions passé l’ensemble des obstacles bureaucratiques… A l’intérieur, 5000 journalistes couvrent le sommet et le hall où se retrouvent les reporters a un drôle d’air d’«usine textile chinoise».
Tout le monde attend des avancées concrètes dans les tractations mais l’espoir d’un accord est encore lointain. Andreas Calgren, le ministre suédois de l’Environnement demande aux Etats-Unis et aux Chinois, qui produisent la moitié des émissions mondiales de CO2 d’aller plus avant dans leurs propositions… Le chef des négociateurs américains, Todd Stern, expliquant de son côté qu’en réalité les objectifs des Etats-Unis, si l’on prend en compte une base de travail différente, sont suffisamment ambitieux, dépassant parfois même les visées européennes!
Et, parallèlement, voilà qu’il se met à neiger sur Copenhague; la ville est refroidie par un vent glacial et ces conditions difficiles affectent sérieusement la mobilisation des militants écologistes présents autour de la zone des négociations…. Dur combat que de lutter dans ces conditions contre le réchauffement climatique!!




