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De Kyoto à Copenhague: des enjeux planétaires cruciaux

Environnement

04.12.2009

par Marie Joannidis

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Photo: Ansgar Walk

La protection de la planète face aux changements climatiques et aux risques de réchauffement est devenue une priorité internationale malgré les divergences qui subsistent, entre pays développés d’une part, et entre pays riches et pauvres d’autre part, sur la marche à suivre. D’où l’importance de la conférence de Copenhague, organisée du 7 au 18 décembre 2009 au Danemark par les Nations unies, destinée à trouver un accord mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour remplacer le protocole de Kyoto. Le Danemark a invité les dirigeants de 191 pays, encouragés à s’y rendre par Ban ki-Moon, le secrétaire général des Nations unies.

Adopté en 1997, mais entré en vigueur qu’en 2005, après des années de discussions laborieuses, le Protocole de Kyoto réglemente les émissions de gaz à effet de serre (GES), tenues pour principales responsables de la détérioration du climat. Arrivant à expiration en 2012, il était destiné à traduire en engagements quantifiés et juridiquement contraignants la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, définie au Sommet de la Terre à Rio en 1992, qui indiquait que les Etats les plus riches, étant aussi les plus grands pollueurs, devaient prendre l’engagement de stabiliser leurs émissions de gaz à effet de serre. Les pays en transition, émergents ou en développement devaient s’engager sur la voie du développement durable et propre, sans avoir à fixer au préalable des quotas précis.

S’il n’est entré en vigueur que le 16 février 2005, c’est qu’il devait pour ce faire être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de CO2 dans le monde. Il est donc entré en application après sa ratification par la Russie en 2004, mais sans celle des Etats-Unis, premiers pollueurs mondiaux qui l’avaient pourtant signé, ni de l’Australie notamment, qui l’a fait par la suite.

Les pays développés ou en transition vers une économie de marché comme la Russie avaient initialement accepté de réduire de 5,5% leurs émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012 par rapport au niveau atteint en 1990. Les pays en développement, y compris le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, qui sont également parties au Protocole, n’avaient pas d’objectifs de réduction d’émissions de CO2 mais commencent à le faire volontairement, rejoints par l’Amérique de Barack Obama qui a présenté au Congrès américain un projet de loi sur le sujet; celui-ci ne devrait toutefois pas être adopté avant Copenhague. Son prédécesseur, George W. Bush, avait gelé la participation de Washington au Protocole de Kyoto sous le prétexte que les Etats-Unis s’opposaient à toute idée de quotas.

Si chacun joue le jeu…

Pour Copenhague toutefois, tout le monde se déclare prêt à participer à un nouvel accord si chacune des parties joue le jeu: pays industrialisés, puissances économiques émergentes comme la Chine (qui talonne les Etats Unis sur le plan des émissions de CO2), l’Inde ou le Brésil, et enfin pays en développement qui comptent sur une aide internationale pour accompagner leurs efforts. Américains et Chinois se sont engagés et veulent tenir un rôle moteur. Ils sont concurrencés par la France et le Brésil, qui ont décidé d’œuvrer ensemble pour mobiliser l’ensemble des pays en faveur de la création d’une Organisation mondiale de l’environnement –à l’instar de l’Organisation mondiale du commerce– et du plan justice-climat français, destiné à aider les plus pauvres notamment en Afrique, à assurer un développement «propre». Des taxes «vertes» ou taxes carbones sont envisagées pour faire face aux financements nécessaires d’énergies non polluantes. De même des taxes sur le pétrole, les transactions financières et le transport maritime sont aussi à l’étude.

Les mécanismes prévus dans le protocole de Kyoto concernent notamment un crédit carbone qui représente un volume d’émission de gaz à effet de serre évité et des permis d’émission négociables. Le crédit carbone est doté d’une valeur marchande et s’échange entre pays industrialisés. Un pays n’arrivant pas à atteindre son objectif de réduction des GES pourrait acheter des crédits carbone à un autre qui aurait dépassé le sien. Ce système a été parfois qualifié de «permis à polluer» car un pays riche pourrait «acheter» le droit de polluer à un autre ayant réellement réduit ses émissions. La collaboration entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement passe quant à elle par le Mécanisme de développement propre (MDP), qui conditionne l’obtention de «crédits carbone» au financement d’un projet de réduction des émissions dans les pays en développement.

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